• ATHENES A ENTERRE SES COULEURS DE FETE : LE DEUIL ATHENIEN

    ATHENES A ENTERRE SES COULEURS DE FETE :

    LE DEUIL ATHENIEN

    Athènes a perdu ses couleurs de fête ! Désolation, ravages, rage, pillages.

    Voici l'image de quatre jours de troubles à Athènes suite à l'assassinat d'un jeune de quinze ans qui, le jour de la Saint Nicolas, un des jours de fête les plus importants en Grèce, a eu le malheur d'aller fêter avec ses amis la fête d'un Nicolas, un de ses amis. Il n'avait que 15 ans, l'age que pourait avoir votre fils. L'age de la révolte, peut être, mais certainement pas l'age d'être enterré.

    Athènes, la désolante. Le centre de la capitale ressemble à une ville bombardée, souillée, violée. La place de la Constitution, la fameuse place Syntagma a été cassée, brûlée, partout vous verrez des bris de marbre, des poubelles en cendre, des bancs brisés... La plupart des magasins de la rue piétonne Ermou sont saccagés, les commerçant désolés, les employés se retrouvent à la veille des fêtes de Noël sans travail. Désolation !

    L'atmosphère qui règne dans les rues d'Athènes, autour d'Omonia, de Syntagma, de l'université Polytechnique est suffocante. Nous sommes obligés de nous protéger en plein jour des restes de gaz lacrymogènes. Les transports en commun fonctionnent par altermitance. cet après-midi, à 17h00, les stations du métro Syntagma et Panepistimiou étaient fermées. Les piétons marchent dans Athènes le regard perdu dans tant de violence, hagards.

    Toute cette violence est-elle justifiée ? Certainement pas. Il faudrait malgré tout analyser, en mettant de côté ces groupes d'anarchistes, qui mettent à chaque fois le trouble dans les mouvements de manifestations.

    Toute cette douleur est-elle justifiée ? Certainement. Demandez donc à cette mère qui a perdu son fils ! Et ne tentez pas d'incriminer ce gosse qui est sorti un samedi soir avec ses amis et qui s'est retrouvé face à un représentant des forces de l'ordre qui n'a pas pu se maîtriser. Les témoignages jour après jour pleuvent et prouvent que la réaction de ce policier était injustifiée. Cet homme, car il s'agit d'un homme, d'un père de famille ,qui peut être par lacune ou par mauvaise formation, ou lui aussi d'un ras-le-bol, a tué un enfant.

    A côté de toute cette douleur, il y a un autre problème. Pourquoi les magasins ont été saccagés par ces groupes d'anarchistes et dévalisés dans la foulée par d'autres groupes ? Cela me rappelle les images des Etats-Unis après le cyclone Katrina. Les magasins dévalisés par des groupes de voleurs. Cet après-midi, alors que nous sommes mardi et que les magasins normalement ouverts jusqu'à 21 heures, le centre d'Athènes est fermé, déserté à 15 jours des fêtes de Noël.

    Les journaux télévisés, avides d'images, tels des corbeaux, montrent en continu des reportages de la destruction de la capitale ainsi que des images de ce jeune qui a perdu la vie.

    La question qui revient en permanence est : POURQUOI ?

    La violence engendre la violence. La misère engendre la violence. L'incompréhension engendre la violence. La jeunesse découvre que leur avenir est incertain. Que dire à cette mère face à sa douleur ? Que dire à nos enfants devant tant de haine ?

    Que font nos gouvernements devant tant de haine et de violence ? Pourquoi une telle passivité ? Nous n'avons pas le luxe de la réflexion. Les hommes politiques, les gouvernements seront jugés sur leur résultats.

    Révolte ou Révolution ?

    Une chose est sûre, le décès de ce jeune de 15 ans, Alexandros Grigoropoulos a fait poudrière et boule de neige.


    Poème d'Arthur Rimbaud

    "Le Dormeur du Val"

    C'est un trou de verdure où chante une rivière,
    Accrochant follement aux herbes des haillons
    D'argent ; où le soleil, de la montagne fière,
    Luit : c'est un petit val qui mousse de rayons.

    Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,
    Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,
    Dort ; il est étendu dans l'herbe, sous la nue,
    Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.

    Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme
    Sourirait un enfant malade, il fait un somme :
    Nature, berce-le chaudement : il a froid.

    Les parfums ne font pas frissonner sa narine ;
    Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine,
    Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.

    Article réalisé pour grece-ermioni.kazeo.com

    Parathenes


  • Commentaires

    1
    Emios
    Samedi 20 Décembre 2008 à 01:57
    Tr?bonne article bravo !
    2
    Miss Ifisnos
    Samedi 20 Décembre 2008 à 01:58
    Je trouve tr?beau ce que vous avez fait ! F?citations ! Que les gens apprennent avec votre article.
    3
    Laram
    Mercredi 20 Mai 2009 à 22:46
    Article magnifique ! sa fait chaud au coeur !
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