• Bruxelles pourrait imposer plusieurs navigateurs dans Windows

    Bruxelles pourrait imposer plusieurs navigateurs dans Windows

    Par equipekazeo-actu

    La Commission européenne envisagerait d'ordonner à Microsoft de permettre à ses clients de choisir leur logiciel de navigation, au moment de configurer leur machine.

    Firefox, Chrome et Opera livrés avec Windows ? La question peut paraître saugrenue. Elle ne l'est pas tant que ça ! Dans le cadre de sa procédure concernant la vente liée d'Internet Explorer avec le plus répandu des systèmes d'exploitation (OS), Bruxelles pourrait imposer à la firme de Redmond de faire une place sur les PC livrés avec Windows aux concurrents de son navigateur maison.
    « La Commission pourrait envisager d'ordonner à Microsoft de donner à ses utilisateurs une chance effective de choisir quel navigateur concurrent ils veulent installer dans Windows à la place, ou en remplacement, d'Internet Explorer, et lequel ils veulent avoir par défaut », a indiqué mardi 24 février 2009, un porte-parole de la Commission cité par l'AFP. Précisant qu'un tel « remède » serait utilisé si des accusations formalisées à la mi-janvier dans la communication des griefs sont confirmées (Voir encadré ci-dessous).
    Dans un document remis à la SEC - le gendarme boursier américain - concernant les résultats du trimestre, achevé le 31 décembre 2008, Microsoft confirme que cette piste est envisagée par la Commission dans sa communication des griefs.
    Choix en configurant le nouveau PC
    « La Commission envisage d'ordonner à Microsoft et aux fournisseurs d'équipements intégrés d'obliger les utilisateurs à choisir un navigateur quand ils configurent un nouveau PC. Un tel remède pourrait inclure une obligation de distribuer des navigateurs multiples sur les nouveaux PC basés sur Windows », souligne le texte.
    Microsoft ajoute qu'il pourrait « être contraint de rendre inopérante une partie non précisée du code d'Internet Explorer », et se voir également infliger une « amende significative s'appuyant sur les ventes de Windows dans l'Union européenne ».
    L'éditeur souligne que la solution imaginée par les instances européennes est différente de celle retenue en 2005 concernant Windows Media Player, le lecteur multimédia. A l'époque, la Commission européenne avait imposé à Microsoft de commercialiser Windows XP Edition N, une version de son système d'exploitation expurgée de Windows Media Player.
    Un an plus tôt, elle lui avait infligé une amende salée de 497 millions d'euros pour abus de position dominante, complétée par une seconde de 280,5 millions en 2006.
    Mozilla et Google entendus par Bruxelles
    Il y a quelques jours, la Fondation Mozilla, l'éditeur de Firefox, faisait savoir qu'elle serait entendue par la Commission européenne pour son enquête, faisant suite à une plainte d'Opera, qui publie le navigateur du même nom. Google, qui possède son propre logiciel, Chrome, vient de préciser sur un de ses blogs qu'il échangerait également avec Bruxelles dans le cadre de la procédure européenne.
    Google dit avoir beaucoup appris en lançant son navigateur l'an dernier et pense « pouvoir contribuer au débat ». Le moteur américain « croit que le marché des navigateurs n'est pas assez compétitif, du fait du lien entre Internet Explorer et le système d'exploitation, ce qui lui donne un avantage anormal sur les autres navigateurs ».
    Et d'ajouter : « Une plus grande compétition va entraîner davantage d'innovation au sein des logiciels de navigation, ainsi que dans le webdesign, en permettant aux sites d'être plus rapides, et d'offrir de nouveaux outils et applications. »
    La communication des griefs de la Commission a été envoyée à Microsoft le 15 janvier. L'éditeur a deux mois pour se défendre par écrit et peut demander ensuite à être entendu. C'est alors que Bruxelles pourra rendre sa décision.
    « La vente liée d'Internet Explorer avec Windows porte préjudice à la concurrence »
    Dans sa communication des griefs, la Commission européenne n'y va pas par quatre chemins. Même si le document ne préjuge en rien des décisions finales qui seront prises à l'encontre de Microsoft, l'accusation est sans ambiguïté.
    Le document « apporte la preuve que la vente liée, par Microsoft, d'Internet Explorer avec le système d'exploitation Windows porte préjudice à la concurrence entre les navigateurs Web, compromet l'innovation en matière de produits et limite, en fin de compte, le choix des consommateurs ».
    Selon le spécialiste de la mesure d'audience Xiti, Internet Explorer est encore largement dominant, malgré les progrès de Firefox. Au mois de novembre 2008, le navigateur de Microsoft était utilisé par près de 60 % des internautes de 32 pays européens, devant Mozilla avec un peu plus de 30 % des utilisateurs (5 % pour Opera, 2,5 % pour Safari et 1,1 % pour Google Chrome).
    Bruxelles se dit aussi préoccupée « par le fait que l'omniprésence d'Internet Explorer incite artificiellement les fournisseurs de contenu et les développeurs à concevoir des sites Web ou des logiciels essentiellement pour [IE], ce qui risque, à terme, de compromettre la concurrence et l'innovation en matière de fourniture de services aux consommateurs ».


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