• HISTOIRE DE CORFOU

    HISTOIRE DE CORFOU

    Par coco-nira00


    Les Phéaciens mythiques (ayant pour roi Nausithoos), s'installèrent dans l'île (Schérie) en revenant du pays des Cyclopes. Selon Homère, il s'y développa une civilisation à la technologie extraordinaire et à l'art prestigieux.

    C'est là que les Corinthiens fondèrent une colonie qui devait plus tard lutter pour son indépendance durant plus de deux milles ans. Les Corfiotes durent faire face aux offensives destructrices des Ilyriens, des Vandales, des Goths et à l'occupation de leur île par les Romains, les Normands, les Turcs, les Vénitiens, les Français et les Britanniques.

    Chalcographie de J.C. Weigel à Orbis Antique datant de 1720

    PASSE MYTHIQUE

    Dans les "Argonautiques", Apollonios de Rhodes raconte que l'île servit de port de ravitaillement à Jason et aux Argonautes à leur retour de l' expédition de recherche de la Toison d'Or (dont ils s'emparèrent grâce à l'aide de Médée).
    Il y ait également fait référence dans l'Odyssée, sous le nom de Schérie.
    Selon Homère, Ulysse après avoir échappé à Calypso se trouvait enfin sur le chemin du retour vers Ithaque. Poséidon, le dieu de la mer, qui le poursuivait depuis le début de ses épopées, aperçut le navire et le transforma en rocher. Ulysse fut rejeté par la mer sur les rivages de Schérie, où se trouvait le royaume des Phéaciens, un peuple accueillant qui était gouverné par le roi Alcinoos. Nausicaa, la fille du roi, s'en alla avec ses servantes laver du linge au bord de l'eau. C'est à cet endroit que dormait Ulysse, épuisé. II fut réveillé par les voix des jeunes filles qui chantaient et jouaient à la balle. Sans révéler son identité, il se lia d'amitié avec elles. Il fut amené au palais où il admira les édifices, les ports, et la belle ville et fut admis avec honneur. Peut-être songea-t-il à épouser Nausicaa et à rester à Schérie, mais son désir de retourner à Ithaque était très fort.
    En entendant un rhapsode chanter les exploits de la Guerre de Troie, il fut obligé de découvrir son identité. Après avoir raconter ses pérégrénations aux Phéaciens, il reprit le chemin du retour. Selon le mythe, l'le de Pontikonissi serait le bateau que Poséidon transforma en rocher. Mais elle n'est pas la seule à revendiquer ce privilège. L'un des îlots situés au large de Paléokastritsa est égale-ment considéré comme étant le navire d'Ulysse. La plage d'Ermonès est toutefois le lieu le plus probable où selon Homère, Nausicaa aurait dé-couvert Ulysse.
    Durant l'Antiquité l'île porta le nom de Macris (long) en raison de sa forme allongée, Drépanon et Drépani (faucille) à cause de sa ressemblance avec cet outil, Schérie (car la déesse Déméter pria Poséidon de stopper l'endiguement du fleuve d'en face, afin que l'île ne soit pas reliée au continent), et enfin Argos.


    Le nom de Corfou provient d'un mythe antique concernant la nymphe Corfou. Corfou était la fille du fleuve Asopos, dont s'éprit Poséidon. II l'amena sur l'île à laquelle il donna son nom. De leur amour naquit Phéace, le chef des Phéaciens et c'est ainsi qu'elle demeura célèbre sous le nom "d'île des Phéaciens". Selon des études plus récentes, le mythe de la nymphe Corfou serait lié sur le plan étymologique avec le terme Gorgo, qui était une ancienne divinité locale. Plus tard, c'est le nom de Coryfo qui prévalut (au cours des années byzantines).Ce nom était dû à l'acropole à deux sommets (coryfo–sommet), qui se trouvait en face du site occupé par la ville actuelle. C'est de Coryfo que provient le nom latin Corfou sous lequel l'île est connue par les étrangers.
    La situation de Corfou, la richesse et l'activité de ses habitants en ont fait depuis les années préhistoriques un centre maritime et commercial. Toutefois, les descriptions d'Homère et des auteurs de l'Antiquité, révélent que l'île et sa ville préhistorique, connurent une période de prospérité bien avant les événements de la guerre de Troie.
    Les trouvailles archéologiques effectuées dans une grotte du mont Aghios Mathaios, à proximité du fort byzantin de Gardikio, attestent de la présence humaine à cet endroit dès l'ère paléolithique (70.000-40.000 av. J.-C.).
    Sur la côte nord, à Sidari, on a découvert les vestiges d'habitations datant du début de l'ère néolithique.
    Dans les régions de Kéfali, Aphiona et Ermonès on a trouvé des maisons du deuxième millénaire av. J.-C. (âge de bronze).

    PASSE HISTORIQUE

    1. Temps historiques anciens

    Vers 734 av. J.-C., Corinthe cherchant une escale sur la route de la Sicile installa une colonie dans l'île.. Les colons corinthiens s'établirent sur le promontoire connu aujourd'hui sous le nom de Paléopolis, au sud de la ville de Corfou. Cette ville reçut le nom de Korkyra ou Kerkyra (Corcyre). L'origine des populations indigènes que les Grecs trouvèrent dans l'île est inconnue.
    Kerkyra devint une puissance maritime qui disputa à sa métropole l'hégémonie dans la mer Ionienne et l'Adriatique. Jalouse de son indépendance, elle rompit très tôt les liens qui l'attachaient à Corinthe, dont elle battit la flotte en 665 av. J.-C..
    En 626, elle fonda elle-même les colonies d'Épidamne (Durazzo) et d'Appollonia, en Épire.
    Ses démêlés avec sa colonie d'Épidamne et avec Corinthe, et son alliance avec Athènes, vers 431 av. J.-C., sont à l'origine de la guerre du Péloponnèse. Sparte et Athènes, secondées à Corcyre s'affrontèrent devant les îles Sybota pour maintenir la ville sous leur influence.
    La rivalité entre Athènes et Sparte se ranima au début du IVe siècle av. J.-C. et, après avoir connu l'hégémonie lacédémonienne, l'île passa sous l'obédience de la Seconde Confédération athénienne.
    En 372 av. J.-C., lors d'un siège mémorable, Sparte ne put l'arracher aux Athéniens.
    Elle fut prise en 299 par Agathocle, tyran de Syracuse, qui la céda en 295 à Pyrrhos, roi d'Épire, en même temps que la main de sa fille.
    En 229 avant J.-C., Teuta, reine des Illyriens, s'en empara, mais l'île fut aussitôt délivrée par Rome, qui l'annexa et dont elle devint l'alliée fidèle.

    2. Période byzantine


    Rattachée à l'Empire d'Orient en 336 apr. J.-C., Kerkyra lutta contre les Goths installés sur la côte dalmate et en Italie. Elle participa aux luttes contre les ennemis de l'Empire byzantin, surtout avec ses marins et ses vaisseaux.
    Vers la fin du XIe siècle et au début du XIIe siècle, elle devint l'enjeu d'âpres combats entre Byzantins, Normands et Vénitiens.

    3. Domination vénitienne

    Après la prise de Constantinople par les Francs, en 1204, les Vénitiens conservèrent l'île qui, en 1210, passa entre les mains des despotes d'Épire, puis en 1267 sous la tutelle des princes d'Anjou qui régnaient à Naples, échappant ainsi à la conquête turque, ce qui lui vaut d'être aujourd'hui encore, aux côtés des autres îles Ioniennes, la partie la plus latine de la Grèce.
    Des Angevins de Naples elle repassa à la République de Venise en 1386. Avec les autres îles Ioniennes (Zante et Céphalonie surtout), elle participa dès lors aux luttes de la Sérénissime République contre les Turcs, ce qui lui valut l'octroi de quelques libertés.
    En 1537 et en 1716, Corfou repoussa deux terribles attaques des Turcs qui vinrent échouer sur les défenses de la vieille citadelle, la seconde fois grâce au talent d'un officier de fortune au service de Venise, le comte de Schulenburg.


    4. Domination française - Cité ionienne


    Après la chute de Venise, en 1797, et le traité de Campo-Formio, Corfou et les autres îles Ioniennes furent attribuées à la France qui les avait déjà fait occuper militairement. Conquise avec les autres îles Ioniennes par les forces turco-russes de l'amiral Ouchakov en 1799, Corfou fit partie, avec six autres îles, d'une République placée sous le protectorat de la Russie et de la Turquie. Le comte d'Istria fut chargé d'organiser cette nouvelle république. La paix de Tilsitt (1807) plaça à nouveau les îles Ioniennes sous la juridiction de la France qui y demeura jusqu'en 1809, sauf à à Corfou où elle se maintint jusqu'en 1815. En effet, pendant six ans (1808-1814), la garnison française du général Donzelot s'y maintint héroïquement, malgré le blocus des Anglais, et ne l'évacua qu'après la signature du traité de Paris.

    5. Occupation anglaise

    Les traités de 1815 instituèrent des États-Unis des îles Ioniennes sous protectorat britannique. Après l'administration du général Campbell, les îles subirent bientôt le régime autoritaire du Lord haut-commissaire, sir Thomas Maitland (1816-1824). Ses successeurs se montrèrent plus libéraux et s'attachèrent à améliorer la situation morale et matérielle des insulaires. Le lord haut-commissaire gouvernait avec un Sénat (Gérousia) et une assemblée élue (Boulè ) votant le budget. Le dernier gouverneur anglais fut le colonel Dir Henry Storge.

    7. Libération et aujourd'hui


    En 1864, la Grande-Bretagne rendit l'indépendance aux Sept-Îles et permit leur rattachement au royaume hellénique. Le pacte de Corfou (20 juillet 1917) jeta les bases d'une union politique entre Croates, Serbes et Slovènes. De cette union allait naître la Yougoslavie. Pourtant territoire neutre, Corfou subit de plein fouet les effets de la Seconde Guerre mondiale. Bombardée par les Italiens en 1940, et par les Allemands trois ans plus tard, elle vit disparaître dans les décombres plusieurs de ses monuments majeurs comme la Bibliothèque, le bâtiment du sénat, le théâtre et de nombreuses églises.
    Mais les Corfiotes surent tirer parti de la nature exceptionnelle de l'île et retrouvèrent une prospérité économique.

    Ainsi, Corfou est aujourd'hui l'un des lieux de villégiature les plus prisés des îles grecques.


  • Commentaires

    1
    Vinra
    Lundi 5 Janvier 2009 à 22:28
    Merci pour cet article très intéressant..j'avais un devoir à faire et il m'a bien aidé!
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