• Le séjour des bienheureu<wbr />x : vision de la mort dans le Phédon de Platon

    Par  aghiaparaskevi

    Avant de commencer la lecture de l'article proprement dit je désire l'éclaircir par quelques remarques préliminaires. Tout d'abord concernant l'oeuvre dont ce passage est tiré : Le Phédon. Il s'agit d'un discours de Platon qui met en scène le dernier discours de socrate à ses disciples. Il traite en grande partie de l'immortalité de l'âme car Socrate veut rassurer ses disciples en leur montrant que la vie qui l'attend dans l'au-delà est préférable à celle qu'il a eu jusqu'à présent. (NB: Platon lui-même ne fut pas présent le jour de la mort de son maître parce qu'il était très malade).
              Ensuite sur le mythe en lui même. Comme tous les mythes des oeuvres philosophiques de Platon ceux-ci diffèrent en général de la mythologie connue. C'est à dire que pour illustrer sa parole Socrate réutilise des mythes, le plus souvent connus, en modifiant certains points pour qu'ils s'ajustent à son propos. Le cas est flagrant ici car la description qui est faite des enfers ne correspond pas à celle que le commun des grec avait en tête. On y retrouve cependant les mêmes fleuves, certains lieux. Il ne faut donc pas se sentir déboussoler à la lecture de ce qui suit. De plus vous trouverez quelques indications supplémentaires à la fin de l'article.

    A la fin ce dialogue Socrate réussit à prouver à Phédon que l'âme est immortelle.

    Mais alors il serait facile pour quelqu'un de mauvais de commettre le mal et d'être éternel ? Non bien évidemment cela ne se peut car toutes sont jugées dans l'Hadès équivalent chrétien du monde des morts.

               Il faut savoir que les chemins sont multiples aux Enfers.

               La partie occupée de la terre est minime par rapport au reste qui nous est inconnu, un peu comme un poisson quand il sort la tête de l'eau, a au dessus de lui l'immensité du ciel et plus loin l'Ether (matière qui compose l'univers). Aussi pour décrire la Terre sous le ciel Socrate à recourt à un mythe dit "des Bienheureux".

               Dans ce pays Les hommes vivent dans l'air, ils vivent très longtemps et n'ont pas de maladies. Ils ont en plus le privilège de pouvoir communiquer avec les dieux et de voir les Astres. Là-bas l'eau à un mouvement de bas en haut et de haut en bas, elle se jette dans le Tartare (Les enfers des chrétiens) et remonte ensuite.

    On y trouve de multiples fleuves :

               L'Achéron traverse le marais de l'Achérousiade où les âmes restent plus ou moins longtemps comme dans un purgatoire. A l'opposé de ce fleuve se trouve l'Océan auquel il est relié par le fleuve Pyriphlégéthon. Enfin on trouve le Styx, autrement nommé le Cocyte.



               Dès leur arrivée aux Enfers les morts sont jugés. Ils sont menés jusqu’à leurs juges par leur démon (qui prend ici le sens de protecteur).


    - Les injustes sont menés directement au Tartare où ils subiront une lourde peine pour l'éternité.
    - Les ni-justes, ni-injustes sont menés dans le marais de l'Achérousiade où ils font leur purgation
    - Les justes sont conduits dans les belles demeures des Bienheureux.


               Il faut savoir qu'après un an ceux qui ont violenté ou tué leurs parents et qui se sont repentis sont jetés dans les fleuves des enfers. Les violeurs dans le Pyriphlégéthon et les tueurs dans le Styx d'où ils implorent leurs victimes de les pardonner, s'ils les fléchissent ils ont accès au marais où ils feront leur purgation, s'il ne sont pas pardonnés on les rejette dans le Tartare où ils sont punis éternellement.


    ==> La démarche à suivre sur Terre pour espérer un avenir correct dans le monde des morts est qu'il faut suivre la tempérance, la justice, le courage, la liberté et la vérité.

    NB : en lisant cet article et en regardant cette carte vous serez perdus ne vous inquiétez pas c'est normal je n'ai pas trouvé de carte correspondant au passage que j'ai détaillé précédemment et faute de mieux j'ai choisi de vous mettre la carte des Enfers qui suit fidèlement la description du poète romain Virgile dans son Enéide (oeuvre homologue pour les romains de l'Odyssée chez les Grecs).

    grece-antique.fr et aghia-paraskevi.over-blog.com.


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