• L'éclatement de la zone euro n'est pas pour demain

    L'éclateme<wbr />nt de la zone euro n'est pas pour demain

    Par zoom42

    Avec la crise et les difficultés budgétaires de certains pays de la zone euro sont apparues des spéculations sur un éclatement de l'Union monétaire, mais les économistes, pas plus que les banquiers centraux, ne croient à ce péril.

    A l'approche du sommet européen de dimanche, le débat va bon train sur le lancement d'obligations souveraines de la zone euro, voire l'octroi d'une aide à l'un ou l'autre Etat membre - des initiatives qui seraient évidemment sans précédent depuis le lancement de l'UEM il y a dix ans et qui ne sont même pas prévues par les institutions.

    Reflétant les mauvaises ou moins mauvaises fortunes des uns et des autres, les écarts de rendement entre les emprunts souverains des Etats membres de la zone euro sont au plus haut depuis 1999.

    Si le taux du Bund à 10 ans allemand, référence du marché européen, se maintient autour de 3%, les taux grec ou irlandais équivalents sont nettement supérieurs à 5%, ce qui n'est pas sans soulever des questions sur la viabilité de la zone euro.

    Les situations sont diverses. L'Irlande comme l'Espagne subissent de plein fouet le retournement de l'immobilier et de la construction qui, des années durant, ont alimenté leur croissance et assuré la bonne santé de leurs finances publiques.

    Pour l'Irlande s'ajoute la fragilité de ses banques qui paient aujourd'hui une politique de crédit trop aventureuse.

    La Grèce, à l'image du Portugal, souffre de sa trop grande dépendance vis-à-vis de la croissance européenne et d'un problème chronique de crédibilité de sa politique budgétaire.

    UNE DETTE EUROPÉENNE

    Même un pays comme l'Autriche a pu sentir le vent du boulet, affecté dans son cas par ses liens étroits avec l'Europe de l'Est, qui se retrouvent au niveau de ses banques.

    "Une des fragilités de la construction européenne est que rien n'a été prévu pour un pays qui serait en difficulté, ni dans le cadre du traité de Maastricht, ni dans le cadre de la Banque centrale européenne", constate Philippe Waechter, directeur des études économiques chez Natixis Asset Management.

    "On n'est pas dans cette situation mais il y a de vraies interrogations", ajoute-t-il.

    Des solutions sont à l'étude, comme la création d'un fonds d'intervention pour apporter de la liquidité aux pays en difficulté. Mais les conditions d'un tel mécanisme restent floues et il risquerait d'encourager les mauvais élèves en matière de finances publiques.

    Est aussi évoquée l'assimilation d'une partie de la dette de la zone euro sur une seule souche, avec pour objectif de créer un marché très large en Europe pour éliminer les tensions sur tel ou tel pays.

    Mais Berlin, premier marché de la dette de la zone euro, s'y oppose et Paris est sur la même longueur d'onde.

    "C'est exactement ce qu'il ne faut pas faire, ce ne serait pas conforme au cadre institutionnel de l'Union européenne et (...) chaque pays doit prendre la responsabilité de sa politique budgétaire," affirmait Axel Weber, le président de la Bundesbank, dans un entretien paru mercredi dans Die Welt.

    Selon lui, l'élargissement des "spreads" obligataires ne remet pas en cause la solvabilité des Etats membres de la zone euro et il a jugé "inimaginable" un éclatement de l'UEM.

    "Le coût serait exorbitant pour les pays concernés," a-t-il estimé.

    Christian Noyer, le gouverneur de la Banque de France, avait avancé le même argument dans une interview le 7 février.

    "La sortie de la zone euro est impensable, elle aurait des conséquences dramatiques pour le pays qui le fait, donc personne n'y songe," avait-il dit sur France Culture.

    LES SORTANTS MENACÉS D'"ISLANDISATION"

    Jean-Claude Trichet, le président de la BCE, a lui aussi dit à plusieurs reprises qu'il n'y avait pas de risque d'éclatement de la zone euro.

    "Il n'y a aucune incitation pour qu'un pays quitte la zone euro et, à l'inverse, beaucoup d'inconvénients à en sortir : la réaction du marché serait une 'islandisation' immédiate avec taux d'intérêt qui montent en flèche et chute de la monnaie," confirme Laurent Bilke, économiste chez Nomura à Londres, dans une étude récente sur la zone euro.

    De fait, comme se plaît à le souligner Jean-Claude Trichet dans ses diverses interventions, l'euro a joué un rôle protecteur pour l'ensemble des membres de l'union monétaire depuis le début des turbulences monétaires, au point de faire des envieux parmi des voisins mal en point comme l'Islande.

    Mais il serait bon que le débat ne s'éternise pas sur fond de creusement des "spreads".

    "Il y a urgence à intervenir pour éviter que des pays comme la Grèce s'enfoncent dans la crise et menacent la zone euro," estime Philippe Waechter chez Natixis AM.

    "La situation européenne est fragile parce que la construction européenne est incomplète et qu'il manque une dimension politique forte," conclut-il. "Il manque une coordination politique qui permettrait d'avoir une perception de la zone euro plus homogène et plus cohérente".


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