• La Crète à pied Par Stéphane Boudou

    La Crête à pied

    Récit d'une randonnée

    Par Stéphane Boudou le 01/10/2008

    Récit d'une randonnée d'une semaine dans le sud-ouest de la Crète. Plus grande île grecque, la bande côtière de la mer de Libye se prête bien à la randonnée.
    Depuis Paléochora, nous avons longé la côte jusqu'à Loutro sans oublier de descendre les gorges de Samaria, les plus grandes d'Europe.

    Départ pour Roissy, en direction de la Crète via Athènes. Retrouvaille avec Patricia, Anouk - nouvelle recrue, Françoise, Jacqueline et Bernard, nous nous racontons des histoires de voyages, de vacances. Nous cherchons parmi les autres passagers les deux inconnues qui embarquent à Paris. En prononçant le nom de l'une d'elle: Coralie, une charmante demoiselle, se présente. Une inconnue de trouvée. Nous continuons nos histoires de randonnées et de vacances.

    A cause du brouillard, un retard est annoncé. Nous prenons notre mal en patience. Le vol était prévu pour 13h00.

    Nous décollons avec du retard - 1h30 de retard, normalement nous ratons notre correspondance à Athènes. Pascal est prévenu.

    Nous atterrissons à Athènes, 20 minutes après le départ de notre vol pour la Canée. Commence les "douze travaux d'Astérix", nous passons de guichet en guichet pour trouver une solution. Nous trouvons notre deuxième inconnue: Michelle. Après le guichet du transfert, pour apprendre que le prochain vol pour la Canée est demain matin à 6h00, nous partons pour le guichet pour refaire les billets pour le vol du lendemain, puis le guichet pour récupérer nos bagages, le guichet pour l'hôtel, pour le bus qui doit nous amener à l'hôtel.

    Arrivée à l'hôtel, situé à mi-chemin entre Athènes et Marathon (42km pour la culture générale), il s'agit d'un hôtel grand luxe. Nous sommes dirigés vers le buffet, qui à cette heure tardive est presque fermé. Après le repas, nous partons nous coucher, car nous devons nous réveiller à 3h00 pour prendre notre avion. Dommage, nous ne profitons pas de l'hôtel.

    La suite à travers 6 autres étapes.

    La Canée - Elafonissi - Paléochora
    Paléochora - Soughia
    Soughia - Agia Irini - Omalos
    Omalos - Samaria - Agia Roumeli
    Agia Roumeli - Loutro
    Loutro - Aradena - La Canée - Paris

    La Canée - Elafonissi - Paléochora

    3h00, le réveil sonne, quelques minutes après, je me dirige vers le restaurant pour le petit-déjeuner. Au passage, nous vérifions que tout le monde est prêt.
    Premier petit-déjeuner crétois, fromage blanc et miel, fruits frais.

    Transfert en bus à l'aéroport, embarquement et vol sans histoire vers la Canée - Hania en grec. A l'arrivée, Pascal nous attend, direction l'hôtel Kriti où nous retrouvons le reste du groupe Martine, Florence, Elisabeth, Santa, Claudine et Alfred, nous squattons une chambre pour nous changer, car nous démarrons la rando.

    Nous prenons le bus pour Paléochora, au Sud-Ouest de l'île. Une heure et demi de route, au début, Pascal en profite pour nous raconter un peu l'histoire de la Crète et le programme de la semaine. Aux premiers virages, Pascal se tait, suivi par les autres, soit nauséeux, soit fatigués par leur courte nuit.

    A Paléochora, nous déposons nos bagages à l'hôtel, et repartons pour le début de la randonnée à Akrotiri Krios.
    Nous suivons la cote, marchons sur le sable, zigzaguons au milieu des arbustes piquants. Sous un ciel gris et menaçant, les paysages restent beaux et nous montrent certaines de leurs caractéristiques: les chèvres et les petites chapelles. Rapidement, le groupe s'étire, devant nous installons le pique-nique, derrière se tient 'salon'. Tout le monde se retrouve pour l'apéro: Ouzo. Le soleil perce à travers les nuages, juste assez pour que nous tenir chaud pendant la sieste.

    Nous repartons rapidement pour Elafonissi pour ne pas rater le bateau qui doit nous ramener à Paléochora.

    En attendant le dîner, visite de la ville très fleurie, certaine maison sont couvertes de bougainvilliers. Je croise une voiture dont le haut-parleur sur le toit hurle, je capte un mot: bégonia, il s'agit d'un fleuriste ambulant. Je monte jusqu'au fort, qui surplombe la ville, pour avoir une vue d'ensemble de la ville, entourée par la mer. Le fort a été construit en 1275 par les Vénitiens.

    Paléochora - Soughia

    Ce matin, le ciel est bleu. Nous logeons la cote, avant de monter vers le col de Nikos Sarkos - tout lien de ressemblance avec un président en fonction est purement fortuit, il s'agit d'un héros crétois qui combattit les Turcs. Nous descendons vers le site antique de Lyssos, où restent quelques vestiges, des bâtiments à moitié creusés dans la montagne. Nous nous dirigeons vers une crique, où le bleu azur de la mer, nous appelle à la baignade. Mais d'abord, nous passons par une petite chapelle, puis déposons le pique-nique. L'eau est un peu froide, la baignade est un peu écourtée, nous ressortons les extrémités bleuies. Un petit ouzo en apéro pour nous réchauffer et un bon repas, préparé par ceux qui ne sont pas baignés. Pendant la sieste, Patricia profite pour faire une superbe aquarelle.

    Nous repartons, un petit détour par les thermes de Lyssos et leurs mosaïques. La montée est difficile pendant la digestion.

    Sur le plateau, nous croisons de nombreuses chèvres qui vivent en complète liberté. Nous rejoignons le village de Soughia, terme de notre étape, via une magnifique gorge verdoyante. Soughia est une charmante petite ville toute en longueur. L'hôtel est calme, la chambre ayant vue sur l'arrière cour ombragée. Petite visite de la ville, à la recherche de carte postale, de timbre et de photo à prendre.

    Dîner en bord de mer, soirée spéciale, c'est l'anniversaire de Coralie. Pascal a passé une partie de la soirée à chercher un gâteau et des bougies. Il a trouvé seulement 18 bougies, c'est pas grave, nous fêterons donc les 18 ans de Coralie.

    Soughia - Agia Irini - Omalos

    Aujourd'hui, les gorges d'Agia Irini - Sainte Irène, sont au programme. Après le petit-déjeuner, et un court transfert en taxi, nous nous engageons dans les gorges d'Irini. Ces gorges très sauvages recèlent une grande variété de plantes: lauriers rose - comme partout en Crète, sauge, molène, delphinelle, serpentaire - une plante assez particulière repérable à une certaine période à une très forte odeur nauséabonde. Heureusement, ce n'est pas la période. La végétation s'accroche tant bien que mal sur les parois des gorges. Nous apercevons souvent le plissement tectonique de la roche. Régulièrement, des averses nous arrosent, étrangement, dès que Jacqueline enfile sa veste Gore-Tex la pluie s'arrête.

    Juste après la sortie des gorges, nous trouvons un petit endroit gazonné sous des arbres. Nous goûtons des "friands" crétois, excellent. Malheureusement, une averse débute dès la fin du repas, donc pas de sieste. Nous repartons, grâce à la veste magique de Jacqueline, la pluie s'arrête. Nous trouvons un petit coin plein d'herbe, une partie dissidente du groupe décide de traverser le ruisseau pour faire la sieste.

    Malgré le temps incertain, nous décidons de continuer la randonnée, à travers les montagnes, en empruntant une ancienne voie romaine qui passe au milieu des cultures en terrasse. Les nuages bas nous gâchent un peu la vue, donc nous accélérons le pas.
    Arrivée au parking, point de rendez-vous avec notre minibus, nous cherchons qui se cache derrière les ombres qui arrivent.

    Une fois le groupe complet, le minibus arrive, quel synchronisme, quelle organisation, bravo Pascal.

    A Omalos, le soleil revient, nous nous installons dans les chambres et allons finir notre sieste sur l'herbe devant les chambres. Car Omalos c'est trois maisons - 2 hôtels, restaurants, et une épicerie.
    Pascal nous organise la visite de la fromagerie, avec les explications de la fabrication des fromages de brebis. Les étapes importantes sont le pressage, puis le salage et le séchage.

    Excellent repas avec de l'agneau grillé et un excellent fromage blanc au miel.

    Omalos - Samaria - Agia Roumeli

    Petit déjeuner rapide, à cause de la météo incertaine, les gorges de Samaria risquent d'être fermées. Nous nous dépêchons. Nous passons l'entrée des gorges où l'hôtesse nous précise que le temps incertain risque de rendre dangereux la descente.

    Le début de la descente se fait sur un chemin en lacet en parfait état au milieu des pins et des cèdres. Au détour d'un virage, nous apercevons les gorges sous les nuages. Pendant un court moment, nous pouvons voir le mont de Zeus, qui selon la légende, serait le lieu de résidence de Zeus. Nous faisons une pause prés d'une cabane où se trouvent les secouristes du parc, nous allons caresser l'âne qui ne demande pas mieux. Pascal retrouve un de ses collègues qui cherche le secouriste car une personne de son groupe s'est blessée. Le secouriste parle seulement le grec, difficile de se faire comprendre, d'autant qu'il n'a pas l'air motivé pour porter secours. Nous voyons partir l'âne, puis nous repartons.
    Plus bas, nous trouvons l'autre groupe, où le blessé est en train de s'installer sur l'âne pour remonter jusqu'en haut des gorges où une ambulance viendra le chercher. Nous faisons attention aux pierres glissantes, d'autant que la pluie s'invite.

    La pluie tombe de plus en plus fort, nous cherchons un endroit pour pique-niquer, si possible à l'abri. Nous trouvons une petite grotte qui nous permet de manger au sec. Appréciable, d'autant que la pluie redouble. Après une petite sieste, la pluie a cessé, les nuages se lèvent, nous livrant un paysage fantomatique. La plupart des touristes sont déjà partis, nous avons les gorges pour nous.

    Nous passons près du village de Samaria, abandonné, il reste quelques murs de bâtiment et les murs des jardins.

    Les gorges se resserrent et le soleil commence à poindre derrière les nuages. Le passage le plus étroit des gorges fait 6 mètres de large, nous comprenons la dangerosité des gorges par temps de pluie. Car en cas de gros orage, le niveau de la rivière peut monter rapidement. Pascal qui était sur place la semaine précédente, avait traversé la rivière les pieds au sec, la température ambiante était plus élevée, presque trop pour randonner.

    Plus nous approchons de la mer, meilleur est le temps, le soleil brille. A Agia Roumeli, après avoir posé les affaires à l'hôtel, nous allons nous baigner, l'eau est fraîche. Puis nous vaquons à diverses occupations: aquarelle, footing, barricades, lecture.

    Agia Roumeli - Loutro

    Très beau soleil, belle journée en perspective. Nous longeons la côte, alternant la marche dans le sable, dans les galets en bord de mer et les chemins à flanc de montagne. Nous atteignons la chapelle d'Agia Pavlos - saint Paul, qui marque selon la légende l'endroit où aurait débarqué Saint Paul. Nous en profitons pour visiter la chapelle où subsistent quelques fresques.

    Nous continuons notre chemin en bord de mer, en direction de la plage de Marmara, où exceptionnellement, nous allons manger au restaurant au lieu de pique-niquer. La plage de Marmara - marbre en grec, est en fait une petite zone de sable coincé entre des petites falaises de marbre, d'où le nom. Nous enfilons nos maillots de bain pour profiter de l'eau azur qui nous attire depuis ce matin. L'eau est toujours aussi fraîche, assez pour rafraîchir l'ouzo. La mer a creusé la falaise de marbre, créant deux grottes communicantes que nous découvrons à la nage. Les reflets du soleil donnent une lumière assez extraordinaire.
    Après le repas, nous repartons avec un petit regard vers ce lieu magnifique.

    Nous nous éloignons de la mer pour monter sur un petit plateau. Nous croisons des chèvres escaladeuses. Après avoir passé le fort de Loutro, nous entamons la descente vers cette station balnéaire accessible seulement à pied ou en bateau. Quelle vision magnifique que Loutro, les maisons blanches, la mer bleu azur.
    Nous devons nous dépêcher un peu car les hôtels distribuent les chambres dans l'ordre d'arrivée, les meilleures chambres donnent sur la mer, les autres sur la montagne. Les boutiques seront pour plus tard.

    Encore une fois baignade, l'eau est toujours aussi fraîche, toujours aussi difficile de rentrer. Lorsque le soleil se cache derrière la montagne, nous sortons de l'eau. Après la douche, un petit tour dans les boutiques, un petit apéro. Le groupe se retrouve dans la salle du restaurant au bord de l'eau, des parties de barricades sont en cours, des cartes sont en cours d'écriture.

    Avec la nuit, les lumières donnent un aspect magique à la cité, avec les multiples reflets.

    Loutro - Aradena - La Canée - Paris

    Petit déjeuner en bord de mer, avec vue sur Loutro. Nous commençons la montée vers le plateau d'Anapoli, sous une chaleur torride. Le premier arbre rencontré, nous permet de faire une pause. Nous repartons à l'ascension de la falaise. Au sommet, un superbe panorama sur les montagnes blanches - Levka Ori s'offre à nous. Nous suivons la route, jusqu'au village d'Anapoli.
    A la sortie du village, nous croisons un vieux berger, dont une partie du troupeau lui a échappé. Pascal se transforme en berger, pendant que nous barrons la route aux féroces moutons qui tentent encore d'échapper. Le vieux berger nous remercie chaleureusement.

    Nous reprenons la route, jusqu'aux gorges d'Aradena. Nous descendons dans les gorges par un chemin en zigzag à flanc de falaise - tel que certaines personnes m'ont fait remarquer le chemin en photo est celui de l'autre coté des gorges, mais celui que nous avons pris est du même type. Ces gorges sont impressionnantes car relativement étroites. L'impression de hauteur et d'étroitesse est renforcée par la vision du pont qui enjambe les gorges. Le fond des gorges est couvert de lauriers rose, au milieu desquels broutent des chèvres, quand elles ne jouent pas les casse-cou sur les falaises.

    Comme d'habitude avec Pascal, le dernier jour de trek donne lieu à un pique-nique amélioré: bordeaux blancs moelleux pour accompagner le foie gras. Malheureusement le temps nous manque un peu pour apprécier à sa juste valeur car nous avons un bateau à prendre.

    Lors de certains passages au pied des falaises, des pierres tombent pas très loin, Anouk accélère le pas.

    De retour à Loutro, une dernière petite baignade rapide, et nous nous rassemblons sur le ponton, où doit accoster le bateau. Pendant la traversée, nous nous vaquons à diverses occupations: lecture, discussion, visionnage de photo, ... Après une courte traversée, nous retrouvons un minibus qui nous ramène vers la Canée.

    Après avoir déposé nos affaires à l'hôtel Kriti, nous partons à la recherche d'une pâtisserie pour acheter quelques excellents sablés. Puis nous allons dîner dans un excellent restaurant: le puits du turc. Nous finissons la soirée par une visite by night de la Canée, jusqu'au port, quartier populaire en cette soirée de week-end.

    La Canée - Paris

    Courte nuit, debout à 5h00 pour prendre notre avion de retour.

    Nous quittons Santa, Claudine et Alfred qui décollent d'Héraklion. A l'aéroport, nous embarquons pour Athènes. Ce coup-ci pas de brouillard pour nous retarder au décollage.

    A Athènes, nous nous séparons de Florence, Martine et Pascal qui rentrent sur Lyon.
    Retour sur Paris sans aucun problème, nous retrouvons le froid et la grisaille.


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