• La Crète, certains en parlent ... Filos la vit chaque jour.

    La Crête, certains en parlent ... Filos la vit chaque jour.

    Par filosmeno-999

    Après avoir voyagé de par le monde pendant 10 ans, puis 5 années à Athènes, quand mon employeur m'a proposé l'affectation en Crète, je n'ai pas réfléchi deux fois : ma réponse fût "Éndaxi" . Non seulement parce que je connaissais un peu la Crète pour avoir été en mission 2-3 fois, mais quitter Athènes était un rêve pour nous et ce fut l'occasion .

    On devait normalement ne rester que 3 ans, mais cela fait presque 19 ans que j'y suis, et pour plusieurs raisons que je vous livre ci-dessous, je compte y rester .

    Au début, quand mes amis crétois se plaignaient des embouteillages à Héraklion, j'étais très étonné (comparé à ceux d'Athènes) car ce n'était qu'un embouteillage de 200 mètres maximum, et cela, que pendant les heures de pointe .

    Aïdéréééé, ma-biip, télioné (alleeeeez, co-biip, finis-en) : même étonnement mais suivi d’énervement cette fois-ci parce que la file de voitures s'arrêtait puisque le chauffeur de celle de devant s’arrêtait en plein milieu de la rue pour discuter avec son pote .

    Que dire de la camionnette Nissan "garée" sur la route, en plein virage, puis deux mètres après (sur le côté opposé cette fois-ci) un tracteur ! Dieu merci, on l'a échappé belle ce jour-là : c'était un virage sur la route de Archanes vers Knossos,  après une longue ligne droite, en descente . C'était la période où on ramassait les olives ...

    Kalos'ilthaté stinn Kriti ... (Bienvenue en Crète)

    Que dire de notre honte (de nous-même) quand, quelquefois au tout début de notre arrivée, ma copine et moi se faisions passer pour des touristes qui visitaient le pays, ne parlant pas grec, ceci juste pour voir la réaction des villageois et tester, afin de savoir « si la fameuse hospitalité grecque existait toujours de nos jours » … On s’en souviendra .

    Que dire de l'amabilité de ces crétois qui ne nous laissaient pas payer  les boissons que nous avions consommées au kafénion du village ...

    Que dire de la générosité de ces villageois qui faisaient tout pour qu'on reste dîner chez eux, qu'on passe la nuit dans la chambre de leurs fils parti faire son service militaire : ils ne voulaient pas laisser "ces touristes" rentrer à leur (soi-disant) hôtel à Héraklion ... Ils nous ont fait comprendre que pour eux, leur chez eux c’était aussi notre chez nous .

    Et le pire c’est qu’on comprenait tout et ne pouvions pas (plus) réagir .

    ON A EU HONTE, et croyez-moi, il nous a fallu longtemps pour nous débarrasser de ce fardeau, auprès de Papa-Manolis le curé.

    Que dire de ces virées de raki dans les "kazani" (là même où le raki est préparé), des ""britzola et païdakia en main", là où chacun faisait cuire sa pomme de terre sous les cendres, où des inconnus dansaient tout en rond au son de la lyra et du laouto, des inconnus du temps, que l’on côtoie encore jusqu’aujourd’hui ...

    Que dire de l'amour, de la passion, et surtout du respect des crétois envers les personnes âgées de la famille ...


    Que dire de ce peuple crétois qui a su gardé (et se bat pour garder) ses traditions . La Crète est sûrement la région hellénique où les traditions sont les plus conservées : presque tous les enfants crétois savent danser les danses de leurs régions .

    J'ai rarement vu en Europe un endroit où l'on peut (si l’on veut) faire son marché et manger frais tous les jours ...

    N.B. : Tant que nous y sommes, ne croyez surtout pas qu’en Crète on applique le fameux « régime crétois » qui est reconnu dans le monde entier .

    Il est 2 heures du matin, tu n'as plus de clopes, tu veux une glace ? Pas grave, le périptéro d'à côté est ouvert . Et quand tu te rends compte que tu n’as pas assez d’argent pour payer, le monsieur te sort gentiment « Dén pirazi, avrio » (pas grave, demain) .

    Tutuuut, c'est un SMS de Niko : y a le basket Oly/kos-Pao à la télé, Katérina prépare des mézzès, Vassilis & Maria arrivent, on vous attend  .

    Ou encore, drinnnn-drinnnn (téléphone) : Éla, Yanni, pamé ya café ? Sto ....., entaxi ? (Yannis, on va prendre un café ? Chez ....., d'accord ?) .

    Et en l'espace de 15-20 minutes (pour les grandes villes) on se retrouve entre amis, pas besoin de fixer des rendez-vous des jours à l'avance (comme ailleurs) pour se retrouver .

    Et en général la soirée ne finit pas après le match ou le café ...

    On est en plein juillet, t’as chaud ? « pamé stinn paralia » (allons nous baigner) . Et en 30 minutes maximum on peut être sur une plage, avec peu de monde si on connaît les endroits .

    Certes, comme partout ailleurs, la Crète a aussi ses inconvénients, beaucoup même, mais sachant qu'on ne peut pas "tout avoir", la balance penche beaucoup plus sur ce qu'il y a de bien, c'est ce qui compte et je me contente de çà .

    Le mot de la fin,

    Le paradis serait "Vivre en Crète tout en ayant les conditions (salariales et autres) des pays européens avancés comme la France, l'Allemagne etc. .

    J’ai très vite été persuadé que nous avons en Crète une qualité de vie que l'on trouvera difficilement ailleurs (surtout pas en Europe) , donc, aucune raison de chercher mieux .


    Filos, un métis-grecus


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