• Le palais de Cnossos par Yannaki

    Le palais de Cnossos

    par Yannaki

    Dans une plaine verdoyante entourée de collines, à 5 km au sud d'Héraklion, la capitale de la Crète, les ruines du palais de Cnossos font revivre la prestigieuse et raffinée civilisation minoenne, l'une des plus anciennes, du bassin méditerranéen. Cette civilisation mystérieuse, brutalement disparue vers 1450 av.J.-C., a laissé de nombreuses oeuvres d'art, parmi lesquelles des fresques qui témoignent d'une maîtrise artistique remarquable.

    Rython, ou vase à libations, en forme de tête de taureau, retrouvé sur le site de Cnossos. La tête est en stéatite, les yeux en cristal de roche et le museau en nacre. Les cornes en bois doré ne sont pas d'origine (1550-1500 av.J.-C., musée d'Héraklion).

    Un palais labyrinthe:

    Les ruines du palais de Cnossos ont été mises au jour vers 1900 par un passionné d'archéologie, sir Arthur Evans. Il en réalisa une reconstitution, aujourd'hui très critiquée, mais qui a le mérite de faire revivre les heures de gloire du palais. Construit pour le roi Minos, ce palais de 13 000 m² est le plus vaste de la Crète et aujourd'hui le plus visité. Groupées autour d'une cour centrale, les différentes ailes abritent des appartements royaux, des salles de réception, dont la célèbre salle du trône, des lieux de culte, le théatre, et des magasins où l'on peut encore admirer les "pithoi", grandes jarres destinées à entreposer les provisions. Plus de 1 300 pièces sont ainsi reliées entre elles par des corridors, des escaliers et des puits de lumière profonds et étroits, sur plusieurs étages, qui forment un véritable labyrinthe. Quoi d'étonnant en Crète, qui vit naître Dédale, l'architecte mythique, où était enfermé le Minotaure ?

     

    Sir Arthur Evans

     

     

    Fils d'un archéologue anglais, sir Arthur Evans (1851-1941) effectue dans le monde entier des voyages au cours desquels il perfectionne ses connaissances en archéologie. A partir de 1900, il commence les fouilles sur le site de Cnossos. Il y reste six ans. Grâce à l'emploi d'un matériau nouveau, le ciment armé, il se lance dans une reconstitution du palais parfois fantaisiste qui à donné lieu à de nombreuses critiques. Ses travaux ont cependant permis de révéler la civilisation minoenne, qui était inconnue des savants à l'époque.

    La civilisation minoenne:

    Détail d'une fresque ornant les murs du couloir de la procession : des jeunes gens et des jeunes filles portent des vases à libations en l'honneur du roi Minos. Les grandes compositions à personnages multiples étaient fréquentes sur les murs du palais.

    A partir de 2000 av. J.-C., la Crète connait une période très florissante et se couvre de palais, érigés sur trois principaux sites : Cnossos, Phaistos et Malia. C'est l'époque dite "des premiers palais", qui prend fin vers 1700 av. J.-C., sans doute à cause d'un séisme. Mais les édifices encore majestueux les remplacent pendant la période dite "des seconds palais", celle de l'hégémonie de Cnossos et de son roi, Minos, qui impose son autorité sur l'île : son palais constitue le centre politique, économique et religieux de la région. L'influence de la civilisation minoenne, qui invente plusieurs formes d'écriture pictographique, s'étend jusqu'aux îles de la mer Egée, et notamment à Thira, l'antique Santorin. Mais au milieu du XVè siècle av. J.-C., une mystérieuse catastrophe s'abat sur la Crète ; due sans doute à l'éruption du volcan qui ravage Thira et provoque un gigantesque raz-de-marée, elle met un terme brutal à la civilisation minoenne.

    Outre les productions traditionnelles, la civilisation minoenne a laissé des fresques qui témoignent de l'art de vivre de ce peuple pacifique. Ces peintures à la détrempe étaient exécutées sur le stuc encore humide. Elles sont aujourd'hui au musée d'Héraklion.

    Un peuple en avance sur son temps:

    Grande jarre trouvée sur le site de Phaïstos

    La vie au palais de Minos est confortable et très évoluée : n'y trouve-t-on pas des salles de bains ? Dès le début du deuxième millénaire av. J.-C., a été mis au point un sysème de canalisation perfectionné, pour capter l'eau très loin dans la montagne afin de la faire parvenir jusqu'au palais. Les habitants de la Crète antique cultivent la vigne, le blé, l'olivier, le figuier, le grenadier. Ils pratiquent l'élevage,l'apiculture, la chasse et la pêche. L'artisanat est très développé et les ouvriers sont réputés pour leur savoir-faire dans les domaines de la poterie, de l'orfèvrerie ou du travail des métaux. Les vases, en particulier, feront la fortune de lîle. Grâce à une flotte puissante qui assure la maîtrise des mers, des échanges commerciaux actifs se nouent avec les contrées voisines : Phénicie, Grèce, Sicile et Egypte.

     

    Magasins au rez-de-chaussée : jarres (pithoï) rangées contre les murs. Le nombre de vases retrouvés atteste de l'importance commerciale du palais. Au milieu, coffres en pierre, peut-être des urnes funéraires enterrées.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     Les reconstitutions d'Evans :
    elles permettent ici de reconnaître les différents étages de la construction, reliés par des escaliers monumentaux



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