• Les délices de Corfou par laure9-8

    Les délices de Corfou

    Par laure9-8

    L'excitation est à son comble. Amélie, Annabelle et moi ne sentons plus le poids écrasant de nos sacs de baroudeuses averties, comblés jusque dans leurs moindres recoins de lessive, Opinel, appareils photo, papiers d'identité, calculette et autres objets inutiles, mais néanmoins indispensables à notre survie. Derniers adieux aux quelques amis venus nous accompagner jusqu'à la gare et hop ! On envisage déjà de se coucher. Nous discutons quelques instants et nous nous laissons aller dans les bras de Morphée en rêvant à nos tribulations à venir.

    Après un voyage de nuit assez fatigant (toujours par mesure d'économie), nous voilà à Brindisi, port d'embarquement à destination de la Grèce. Finalement, pour profiter quelques jours de notre séjour, nous avons décidé de " zapper " Athènes et Sifnos, que nous remplaçons par quelques jours à Corfou. Nous avons rendez-vous avec des amis, Aurélie, Julie, Carlos et Romain, que nous retrouvons effectivement. Renseignements pris, nous avons, comme annoncé à Paris, la possibilité de ne voyager que pour 12 000 lires (40 F environ), c'est-à-dire les taxes portuaires, si nous dormons sur le pont. Ce dernier est déjà assailli par une horde de routards de tous poils et nationalités, qui battent le carton, fument, jouent de la guitare, s'époumonent sur des refrains bien connus. Nous trouvons un bout de pont encore vacant et y installons nos sacs de couchage. Ambiance très bon enfant, tout le monde a l'air content d'être là. La musique dure jusque tard dans la nuit… Arrivée aux aurores à Corfou.
      En attendant que les boutiques de location de voiture ouvrent, nous squattons un jardin public où quelques chiens errants ont élu domicile. Pendant trois jours, nous sillonnons l'île en Citroën pour être libres d'aller où bon nous chante, quand nous le voulons. Chaque jour, nous visitons une ou deux plages avant d'élire domicile sur une dernière, où nous dormons à la belle étoile. Un spectacle magnifique : des étoiles plein le ciel, le bruit du ressac en guise de berceuse et le calme, toujours le calme. Le matin, réveil vers 8 h avec le soleil avant de piquer une tête matinale dans une eau déjà chaude. Et des couleurs hallucinantes, comme on croit qu'il n'y en a qu'à Maurice. Sans parler des petites vieilles, toutes de noir vêtues, montées sur des ânes qu'elles frappent d'une branche pour les faire avancer, ou les vieillards, assis sur le pas de leur porte pour tresser des paniers. C'est une île hors du temps où les gens sont d'une incroyable gentillesse.

    Laure Manent


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