• Mes articles sur Crête après mon voyage par Palla d'oro


    Palla d'oro
    "Mes articles sur Crête après mon voyage"

    La Crête : la Panaghia Kéra - Grèce

    Dans la Crête orientale, à Haghios Nikotaos, nous empruntons une route qui grimpe à travers la montagne jusqu' à Krista, ville réputée pour ses dentelles comme nous le prouvent tous les magasins pour touristes exposant mouchoirs, nappes ou vêtements. Cela nous fait fuir. En fait notre but est la Panaghia Kera, une petite église byzantine construite au XIII° siècle, tout près de Krista. Nous la trouvons dans la campagne, toute blanche, entourée de cyprès et d’oliviers.

    C’est un coup de foudre! Elle a une forme bizarre parce que deux nefs latérales ont été rajoutées à l'église primitive à une seule nef. Or, pour maintenir le tout, il a fallu ajouter des contreforts de chaque côté. On dirait qu’elle s’accroche au sol, de toutes ses pattes -je veux dire de tous ces arc-boutants - la petite église, qu’elle plante solidement ses racines dans le sol. Devant, à l’entrée, sur la façade percée de jolies petites fenêtres en ogive et d’une porte, un léger campanile supporte une cloche avec sa corde accrochée à une des fenêtres. Comme dans beaucoup d'églises ou de monastères crétois, la cloche est tirée de l’extérieur. La coupole surmontée d’un haut tambour recouvert de tuiles roses est couronnées d’une croix.

    L’intérieur de la Panaghia Kera est aussi une surprise. Dans une semi obscurité, apparaissent, lumineux sur les murs peints, les silhouettes et les visages de personnages religieux auréolés de lumière, se détachant sur des fonds rouges, des motifs floraux... Une richesse qui contraste avec l’extérieur de la chapelle dans sa blanche simplicité.
    Ces fresques illustrent en un raccourci saisissant dans un espace aussi restreint l'évolution de la peinture sur deux siècles.
    Dans la nef centrale du XIII° siècle représentant les scènes de l’Evangile. L’exécution est archaïque. Les visages paraissent étranges, figés dans une expression assez sévère. Le cheval de la ! Vierge d ans la Fuite en Égypte est plus petit que Marie dont le haut du corps est disproportionné par rapport aux jambes. Mais cette naïveté ne va pas sans grâce et l’on se plaît à regarder avec attention les décors, les couleurs, la stylisation des arbres et des plantes.
    Dans la nef du Nord du XIV° siècle sont mis en scène le Christ Pantocrator et les apôtres. Dans la nef du sud du XIV° sont peints les scènes de la vie de Sainte Anne et de la Vierge Marie. La scène s’anime, l’artiste saisit le mouvement dans sa continuité. Le personnage se penche pour donner l’eau du jugement, tend la fiole à bout de bras. Un rideau s’envole; des émotions passent sur les visages. La peinture devient vie. La visite semble suspendre le temps. On sort de l'église dans la lumière, les yeux encore pleins de toutes scènes qui resteront un des plus beaux souvenirs de notre visite crétoise.

    Mais vérifiez les horaires. Lors de mon séjour en Crète, la Panaghia Kèra était fermée dès 15h et le! lundi, d’avril à novembre.


    La Crête : le plateau du Lassithi - Grèce

    La Crète est divisée en "nomes" qui sont des divisions administratives, eux-mêmes subdivisés en plusieurs "éparchies", qui correspondent au diocèse de l'église latine.
    Ainsi le nome du Lassithi, le plus oriental de Crète, est subdivisé en quatre éparchies : celles de Mirabello, du Lassithi, de Hiérapetra, de Sitia.
    Nous sommes logés pour quelques jours à Hierapetra, une station balnéaire sur la côte sud-est de la Crète, et c’est à partir de cette base que nous visiterons quelques-unes des richesses de ces différentes éparchies.
    Et tout d’abord le plateau du Lassithi dans l'éparchie du même nom. A partir de Hierépietra, la route serpente dans un massif montagneux sauvage et beau.
    Et puis, d’un seul coup, surplombant de très haut le paysage, elle nous révèle un spectacle impressionnant. Tout en bas, au-dessous de nous, s'étend, encerclée par de hautes montagnes aux neiges éternelles, une formidable dépression de plusieurs kilomètres de diamètre, une vaste étendue circulaire semblable à une gigantesque piste de cirque, au fond incroyablement vert. C’est un "poljé", le plus grand d’Europe.
    Le poljé, mot slave signifiant plaine, est selon la définition du dictionnaire, une dépression plus ou moins vaste entourée de rebords rocheux, à fond plat et alluvial, très répandu dans les reliefs karstiques, provenant de l'érosion des roches calcaires.
    La dépression de Lassithi n’est pas une plaine même si elle paraît comme telle vue de la route qui la domine. Il s’agit en fait d’un plateau qui est situé à 800 mètres environ d’altitude. Ce plateau forme une immense cuvette qui était autrefois inondée. Des travaux de drainage ont permis d’en faire un terrain de culture d’un grande fertilité. Pendant l'été, l’eau pour l’irrigation, est tirée du sol par l’action d’une multitude de petites éoliennes, légers moulins à vent aux ailes blanches, de nos jours motorisées. En ce mois d’Avril pluvieux, elles sont au repos et dépourvues de leur toile lèvent vers le ciel leurs maigres bras métalliques. Le découpage des champs et des prés de tailles et de cultures différentes, tirés aux cordeaux, forment comme une sorte de patchwork coloré qui décline en cette saison toutes les nuances du vert.

    Nous descendons par la route en lacets au fond du poljé. C’est pour découvrir de charmants et blancs villages pelotonnés au pied des hautes cimes enneigées. De nombreuse auberges indiquent qu’il s’agit d’un lieu très touristique en haute saison.

    La Crête : de la palmeraie de Vai à Sitia - Grèce

    Nous décidons d’aller pique niquer sur la plage de Vai, située au Nord-Est de la Crète, non loin de Moni Toplou et de la ville de Sitia, capitale de l'éparchie qui porte son nom.

    Elle est célèbre pour sa palmeraie que l’on ne trouve nulle part ailleurs en Grèce, un curieux caprice de la nature. On dit qu’elle aurait poussé dans l’antiquité à partir de dattes ramenées par les marins phéniciens ou par des soldats de Ptolémée. C’est là que, dans la mythologie grecque, Europe enlevée par Zeus sous la forme d’un taureau blanc, aurait abordé.

    La plage est belle, presque déserte, à l’exception de quelques familles en ce mois d’avril. Nous la découvrons sous la pluie, qui cesse bientôt, pour laisser place à un doux soleil. Il paraît - et on imagine aisément pourquoi - qu’elle est envahie par les touristes l'été. Quelques enfants se mettent d’ailleurs à l’eau. Nous regrettons n! ous aussi de ne pas avoir amené nos tenues de bain. Nous passons un bon moment de détente puis en route pour Moni Toplou.

    La forteresse de Moni Toplou, ou Monastère aux Canons, est un moment clef de la visite de l'éparchie de Sitia. De l’extérieur le monastère est peu accueillant, très imposant avec ces murs fortifiés. A l’entrée se dresse un moulin blanc. On pénètre ensuite dans une cour calme et coquette qui fait oublier l’impression première. Refermée sur elle-même, à l’abri, elle présente un bâtiment en pierres rehaussé par deux étages aux murs blancs, fleuris de géraniums roses. Sur la gauche une petite chapelle à la façade de pierres qui est le seul vestige du monastère originel construit au XIV siècle et qui fut par la suite reconstruit et fortifié au XVI° siècle.

    A l’intérieur, une fresque de l’artiste crétois du XVIII° siècle, Ionnis Kornaros, dépeint la grandeur de dieu (Megas et Kyrie). Cette fresque vivement colorée contient un grand nom! bre de personnages répartis en une soixantaine de scènes repré! sentant chacune un verset de l’Epiphanie. Elles sont peintes avec un souci du détail, une minutie extrême. Au-dessus, se tiennent le Père, le Fils et le Saint Esprit, la Trinité couronnée par toute une multitude d’anges. Au centre, le baptême du Christ par Saint Jean-Baptiste. Plus bas, la vierge Marie tient son fils sur ses genoux. Celui-ci serre dans sa petite main gauche un globe terrestre. Marie retient Eve par la main tandis qu'Adam se tient debout devant un pommier. En dessous, le Christ reconnaissable à son auréole marquée d’une croix rouge, descend chercher les âmes de ceux qui, n’ayant pas reçu le baptême, se trouvent dans les Limbes. Là, dans la partie inférieure de l’oeuvre, Jonas sort du ventre de la baleine, ici les Hébreux conduits par Josué traversent le Jourdain...

    On ne s’arrêterait pas de contempler cette icône de grande taille, à la recherche du moindre détail. Le trait est d’une grande finesse et l’on sent la ferveur de l’artiste qui laisse libre c! ours à son imagination et à sa foi pour broder un histoire à la gloire de Dieu. D’autres fresques et icônes complètent la visite de Moni Toplou, qui mérite vraiment le détour...

    En repartant de Moni Toplou, nous longeons la côte en direction de Sitia. Le paysage côtier, avec ces points de vue sur la mer, est d’une indescriptible beauté. Nous arrivons à Sitia, une jolie ville étagée en gradins autour de son port où nous faisons, en cette fin de journée, une halte rapide. Les petites maisons colorées, les églises, offrent un spectacle charmant. C’est une station balnéaire qui a beaucoup de succès mais qui est déjà un peu trop touristique à mon gré.

    Retour à Hiérapétra. A l’hôtel, au début du repas, le serveur qui conmmence à bien nous connaître, nous demande où nous sommes allés. Quand il apprend que nous avons visité Sitia, il s’anime. C’est sa ville natale. Il ne tarit plus d'éloges, nous explique sa beauté, nous apprend que c’est une de plus importa! ntes villes de la Crète (la sixième, en fait), réputée dans t! out le p ays pour sa douceur de vivre. Pour finir, comme nous hésitons, il nous conseille de choisir un vin de Sitia, le meilleur de Crète, d’après lui. Oui, c’est vrai, il est bon.

    Crête : Zeus et l’antre de Dikté - Grèce

    La Crète est le berceau des Dieux. Quand les douze Titans régnaient sur la Grèce, Chronos, le plus puissant de tous, avait pris la fâcheuse habitude de manger tous ses fils dès leur naissance sous prétexte que l’un d’entre eux risquait de prendre sa place... Jusqu’au moment où sa femme, Rhéa en eut vraiment assez. On la comprend ! Et quand son dernier né, Zeus, jeta son premier cri et ouvrit lesyeux sur le monde, elle le cacha dans l'antre de Dikté - ou grotte de Psychros- en Crète, et fit avaler une pierre à son peu malin de mari !

    C’est dans cette grotte, donc, au milieu du décor brillant de magnifiques concrétions calcaires, stalagmites difformes aux formes scintillantes et étranges, que vécut le petit Zeus, tétant le lait de la chèvre Amalthée, jouant avec les Curètes, ces dieux crétois prêts à tout pour le distraire. Quand vous visiterez ce lieu, sur le plateau du Lassithi, vous v! errez que ce n’est pas une grotte ordinaire. Vous sentirez bien que vous foulez les traces du Dieu des Dieux, du premier des Olympiens...
    A moins que, matérialiste pur et dur, vous ne préfériez apprendre que la grotte au cours de la période prépalatiale de la civilisation minoenne a servi d’habitation aux hommes et de grotte cultuelle. Elle semble, en effet, avoir été dédiée au culte de la déesse Mère. De nombreux objets trouvés lors des fouilles attestent de ces deux vocations : sceaux, poignards, bijoux, figurines, vases en terre cuite, vases sacrés, tables à offrandes...

    Si la Crète a été le berceau de Zeus, elle a recueilli aussi, disent les Crétois, son tombeau. Il est situé au sommet du mont Ggioutcha qui domine la ville d’Archanès, à 10 km au sud de Cnossos. Car les Dieux meurent aussi...

    Crête : Zeus et Europe - Grèce

    Zeus ! On sait tous quel piètre mari il fut ! On comprend bien que si son épouse, Héra, se montra quelque peu acariâtre et vindicative, c’est qu’elle avait de bonnes excuses. On sait aussi quel pauvre séducteur il était, ce que Offenbach ne manque pas de lui dire en ces termes : "Que prouvent ces métamorphoses? c’est que tu te trouves si laid, que de te montrer tu n’oses tel que l’on t’a fait !"
    Pour séduire ses conquêtes, Zeus se déguise et c’est sous la forme d’un taureau qu’il se présente à Europe, fille du roi de Phénécie. Celle-ci, conquise par le bel animal, monte sur son dos et il l’emporte à la nage jusqu’en Crète. On dit qu’ils font escale sur la plage de Vai au nord est de la Crète et à Gortyne au sud est où Zeus reprenant son apparence humaine s’unit à la belle princesse sous le platane de Gortyne.

    Je suis allée à l’antique Gortyne ou Gortys. J’y ai trouvé le platane d’Europe, ou érable crétois, arbre hybride comme le Minotaure, qui emprunte son tronc à l’un et ses feuilles à l’autre.

    En voyant les murs épais des édifices de Gortyne, l’influence de Rome s’impose comme une évidence. Après la conquête romaine, la ville devient, en effet, la capitale de la Crète et connaît son apogée. La basilique Haghias Titos au style architectural imposant fut édifié à l’endroit du martyre de Saint Tite, premier évêque de Crète, en 60 après JC. Dans l’Odéon s'élève le mur qui porte en langue dorienne le texte appelé "les lois de Gortyne". Celles-ci détaillent les lois du mariage, du divorce, de l’héritage, de la propriété, des agressions, des viols...

    Spectaculaires ces vestiges, certes, mais la promenade au milieu des oliviers de l’autre côté de la route, à la recherche d’une nymphée, est ce que j’ai le plus aimé. Un canal et un aqueduc conduisent jusqu'à la fontaine perdue au milieu d’une végétation sauvage, herbes, ronces,! entourée d’un tapis d’arnicas, fleurs ensoleillées ...
    P! lus loin , dans les champs labourés par l’agriculteur affleurent des pierres taillées, des fûts de colonne, des chapiteaux, qu’il faut contourner pour cultiver la terre. Partout la présence de la civilisation morte depuis si longtemps affirme sa présence. Un olivier au tronc fendu en deux par une colonne qui est restée insérée dans ses entrailles, continue à pousser son trophée vers le ciel, arbre-pierre qui évoque une des métamorphoses d’Ovide. Quelle promenade belle et paisible...

    Mais revenons à Zeus et Europe... De leur union, naissent Minos, Rhadamante et Sarpédon. Lorsque Zeus l’abandonne, Europe épouse Astérios, roi de Crète, qui éleva ces enfants, des demi-dieux, comme les siens et en fit ses héritiers. A la mort d’Astérios, Minos, pour laisser régner seul sur la Crète, se vante que les dieux exauceront toute prière qu’il leur fera. Il demande à Poséidon de lui offrir un taureau et assure au Dieu de la Mer qu’il le lui sacrifiera par la suite. Surgit alors des f! lots un taureau blanc si beau que Minos est reconnu comme roi... C’est le début, en Crète, de cette brillante civilisation qui porte son nom.

    La civilisation minoenne... Elle est là, partout présente, dans les sites remarquablement conservés, Cnossos, Lato, Malia, Phaïstos, Zachros... dans les trésors inestimables des musées, Héraclion, Réthymnon... Sur elle reposent les strates des conquérants, les mycéniens, les doriens, les romains mais aussi les vénitiens, les turcs, mêlant les styles, enchevêtrant les siècles, les millénaires... Rien n’y fait. Elle ressurgit dans ces pierres accrochées aux montagnes, les dédales de ces palais, les statuettes de taureaux, les vases sacrés... Nous sommes sur la terre de Minos, juge aux Enfers, maître de la Crète, et de son épouse Pasiphaé, petite-fille de Hélios, le Soleil.

    La Crête au musée du Petit Palais d’Avignon (1)

    Le musée du Petit Palais à Avignon abrite la collection Campana riche de nombreux tableaux de Renaissance. Là, l’histoire de Thésée et du Minotaure est racontée par un peintre d’origine française, qui partit à Florence au début du XVI° siècle. Son nom est inconnu, c’est pourquoi on l’appelle du nom de la collection du palais : Le Maître des Cassoni Campana.

    Qu’est-ce qu’un cassone? C’est un riche coffre de mariage décoré par un peintre. Chacun des épisodes du mythe de Thésée est ainsi peint sur les quatre panneaux du coffre.

    Le premier tableau décrit les amours monstrueuses de Pasiphaé avec le taureau. Il s’agit d’une sorte de bande dessinée où se déroulent de gauche à droite mais aussi du premier plan au dernier, différentes scènes narrant l’histoire. Il faut donc lire notre BD à la fois linéairement mais aussi en profondeur.
    Au premier plan, à gauche, Pasiphaé, du ! balcon de son palais, aperçoit le Taureau blanc; elle descend dans le parc, vêtue d’une riche robe rouge et verte, couverte d’une chasuble dorée virevoltant autour d’elle, vêtement contemporain de l’artiste. Les cheveux blonds retenus par un ruban de couleur bleu, les pieds chaussés de spartiates et s’appuyant légèrement sur un bâton, elle s’approche du taureau.
    Derrière elle, désobéissant à Poséidon, Minos refusant de sacrifier le bel animal tue un taureau brun. Dans l’arrière plan ce dernier, consumé par les flammes, est sacrifié au Dieu sur un table d’offrande.
    A droite, toujours au premier plan, Pasiphaé tend une touffe de fleurs au taureau. Un second plan, à l’arrière, peint Pasiphaé, égarée par la passion, demandant conseil à Poséidon armé d’un trident. Puis Pasiphaé, sur les conseils du Dieu qui retient l’animal, se glisse dans le corps d’une vache fabriquée par Dédale et séduit le taureau. De leur union naîtra le Minotaure, monstre à tête de taureau et au! corps humain, qui se nourrit de chair humaine.
    L’arrrière plan, au loin, tout en douceur et nuances subtiles, dessine une ville aux tours ajourées. Elle s'étage sur une colline. Dans le lointain apparaissent presque estompées des montagnes diaphanes. Leurs pieds sont baignés par la mer sur laquelle les contours à peine esquissés de petits voiliers voguent allègrement.

    Le paysage à l’inverse des hommes aux passions violentes et dont se jouent les Dieux, est tout de sérénité. Il est très composite : cyprès entourant le palais rappelant l’Italie dans les peintures de la Renaissance, ville, au loin, de style nordique, aux glacis bleutés. Aucune note de réalisme dans le paysage. La Crète, si ce n’est par le récit, est absente ici.

    Le deuxième panneau du Maître des Cassoni Campana raconte le combat de Minos contre Athènes. Le roi Minos pour venger son fils Androgée parti à Athènes et tué par Egée attaque les Athéniens et emporte la victoire. Il exige que le la Grèce livre un tribut de sept jeunes filles et de sept jeun! es gens à la Crète pour être sacrifiés au Minotaure.

    La lecture se fait de gauche à droite, de l’arrière plan au premier. A l’arrière on aperçoit les Crétois assiégeant Athènes ceinte de remparts crénelés et arborant des clochers et des tours, une Avignon située dans les brumes du Nord de la France. Au premier plan, sur une éminence qui domine la ville, Minos sur son cheval blanc lève son épée pour terrasser un adversaire. Au centre un groupe armé, à cheval, hérissé de lances et d'étendards, à droite de jeunes athéniens amenés prisonniers en Crète par des soldats. La troupe disparaît ensuite dans un défilé de montagne.

    La Crête au musée du Petit Palais d’Avignon (2) - Grèce

    Le troisième panneau du Maître des Cassoni Campana au musée du Petit Palais d'Avignon peint l’arrivée de Thésée, le fils d’ Egée, débarquant en Crète avec les autres prisonniers. S'éloignant de la nef, Thésée, en armure, met pied à terre. C’est le plus original et le plus énigmatique de tous les tableaux.
    La composition est, en effet, très curieuse. Le peintre brouille les pistes en représentant la même scène deux fois. D’abord, en plan d’ensemble, dans le lointain, devant un palais, Thésée parle aux deux filles de Minos et de Pasiphaé, Phèdre et Ariane. Au premier étage du palais on distingue deux petites silhouettes à peine perceptibles. Ensuite, mais cette fois, de près et en gros plan, Thésée s’entretient avec les jeunes filles. La même scène ? Non car les gestes de jeunes gens se sont modifiés. Les personnages au premier étage ont changé de fenêtre comme pour épier les jeunes ! gens : Il s’agit d’un homme et d’une femme. Qui sont-ils? Que font-ils ?
    A droite, le récit continue avec la même singularité : Ariane et Phèdre sont assises devant l’entrée du labyrinthe. Ariane tient un fil à la main. Le dédale est curieusement représenté, tronqué à mi hauteur de manière à apercevoir ce qui se passe au centre. Thésée est en train de terrasser le minotaure qui apparaît vu par le peintre un peu comme un centaure, avec un corps d’animal et un torse humain.
    Puis l’artiste se joue des repérés chronologiques : derrière le labyrinthe deux scènes, l’une représente Thésée s’enfuyant avec les deux jeunes filles après avoir tué le monstre. L’autre, peint le minotaure dévorant des êtres humains. Il est fait prisonnier et il est entraîné par des soldats qui le conduisent vers... le labyrinthe ?
    On a l’impression que les deux scènes sont contemporaines et se passent après l’exploit de Thésée. Ce qui est impossible. En fait, on s’aperçoit que la scène ! tourne autour du labyrinthe qui est cylindrique. Si, après la ! fuite de Thésée, on lit le récit vers la droite on retourne vers le passé. Si au contraire on le lit vers la gauche, on part vers le futur. L’avenir, c’est la nef qui attend Thésée et ses compagnes, c’est le bateau dont Thésée a oublié de retirer la voile noire et qui s'éloigne en direction de la Grèce...

    Enfin, la quatrième et dernier panneau du Maître des Cassoni Campana est l'histoire d’Ariane abandonnée à Naxos. Un lit avec baldaquin où ont dormi les trois jeunes gens figure en gros plan sur la gauche. Thésée et Phèdre, debout et habillés, s’enfuient vers la nef, laissant Ariane nue, endormie dans le lit. A l’arrière plan, on voit la nef s'éloigner, contourner la côte et arriver en vue d’une cité, Athènes. Egée qui guette le retour de son fils, voyant la voile noire, croit que celui-ci est mort. Il se jette de la tour, petit pantin désarticulé. Ariane, elle, est recueillie par Dionysos que l’on voit arriver de loin avec son cortège de personnages mythiques, faunes, ! bacchantes, et animaux fabuleux.

    Crête, lecture de Racine : la fille de Minos et de Pasiphaé - Grèce

    La fille de Minos et de Pasiphaé : c’est ainsi que Phèdre, Phaidra, la Brillante, la Phèdre de Racine, princesse crétoise, faisant illusion a sa double hérédité, dépeint le combat qui se livre en elle entre le mal et le bien, entre l’ombre et la lumière.
    La pièce de Jean Racine est une tragédie où l’obscurité le dispute au jour, où les monstres de la Grèce antique s’affrontent. A travers elle, c'est toute l'histoire de la Crête qui nous est donnée à voir.
    Lumière : Phèdre, la fille de Pasiphaé, petite fille du soleil, coupable d’amour incestueux envers Hippolyte, le fils de Thésée, cherche à fuir son crime
    Misérable et je vis? et je soutiens le vue
    De ce sacré soleil dont je suis descendue
    Ombre : Phèdre responsable de la mort de son beau fils Hippolyte veut se réfugier dans la mort :
    Où me cacher! ? Fuyons dans la nuit infernale...
    mais elle sait qu’elle y retrouvera son père Minos, juge aux Enfers
    Mais que dis-je? Mon père y tient l’urne fatale
    Minos juge aux enfers tous les pâles humains
    Ombre et lumière : Dans ce combat, il faut, pour que la lumière triomphe que Phèdre, la brillante, entachée de noirceur, mette fin à sa vie
    Et la mort, à mes yeux, dérobant la clarté
    Rend au jour qu’ils souillaient toute sa pureté.
    Ombre et Lumière. Crète. Le rouge des fresques des palais minoens éclaboussent ta blancheur, les taureaux noirs aux cornes d’or veillent sur toi même s’ils ne livrent plus de combats. Tu as tué tes monstres mais l’ombre de Minos et de Pasiphaé s' étend toujours sur toi.

    Crête, le culte du taureau : le musée d’Héraclion (1)

    Tous les pays du pourtour méditerranéen ont voué un culte au taureau, incarnation de la force virile, de la fécondité, et l’ont défié dans des jeux qui étaient aussi des célébrations rituelles. Dans la civilisation crétoise le taureau est partout comme en témoignent les objets, les statuettes, les fresques trouvés dans les site archéologiques qui lui sont dédiés au cours des millénaires.

    La visite du musée archéologie d’Héraclion, splendide, passionnante, permet de s’initier à ce culte qui marque la civilisation minoenne.

    Dès l' époque prépalatiale (c’est à dire 2600-2000 av. JC) apparaissent des petits objets cultuels comme ce vase en forme de taureau avec des acrobates accrochés à ses cornes ( salle1 vitrine 4) prouvant que les jeux de taureaux étaient déjà célébrés dans ces temps reculés.

    A l' époque paléopalatiale qui suit (2000-1700), périodes des constructions des grands palais comme Cnossos, Mallia, Phaistos, le culte du taureau se poursuit à travers les masques pourvus de cornes que les prêtres portaient pendant les cérémonies (salle 2 : vitrines 20 et 24), les rhytons en forme de tête taureau (salle 3 vitrines 38) ou de taureau entier ( vitrines 34 et 36)

    Après le catastrophique tremblement de terre de 1700 qui détruisit les palais, de nouveaux palais sont reconstruits sur les mêmes sites..

    C’est l' époque néopalatiale qui est la plus brillante de la Crête. Dans les neuf salles du musée consacrées à cette période la représentation du taureau est omniprésente.
    Un des objets les plus admirables, est sans doute, la tête de taureau sculptée dans une pierre noire de la salle 4 (vitrine 51) Son mufle cerné d’une bande blanche en nacre semble luisant et doux au toucher. Ses yeux en cristal de roche et ses cornes dorées lui donnent vie.
    L’acrobate en ivoire (vitrine 56), mutilé (il lui ! manque une jambe) est incomplet puisqu’il représente un jeune ! homme bondissant au-dessus d’un taureau disparu. Quoiqu’il en soit c’est une œuvre émouvante par sa finesse et sa gracilité. Il attire l’attention tant le personnage est saisi dans le mouvement, suspendu dans l’espace. Il s ’envol, étonnant de légèreté. La scène est d’une telle précision que l’on n’a aucun mal à visualiser ce saut fantastique, l’imagination suppléant sans peine à remplacer l’animal absent.

    Le musée d' Héraclion : une visite à ne pas manquer

    Crête, le culte du taureau : le musée d’Héraclion (2) - Grèce

    La fresque n° 15 salle 14 du musée d’Héraclion provenant du palais de Cnossos peint avec beaucoup de précision le déroulement des jeux avec le taureau, véritables cérémonies religieuses au cours desquelles les prêtres et prêtresses de ce culte risquaient leur vie en sautant au-dessus de l'animal. Cela pourrait expliquer la légende du Minotaure.

    Hommes et femmes participaient à ce jeu, tous habillés de la même manière, d’un pagne avec un noeud sacré dans les cheveux. L’acrobate devait saisir le taureau lancé au galop par les cornes comme on le voit sur cette scène, exécuter un double saut périlleux pour se rétablir sur ses pieds à l’arrière de la bête. Il fallait une adresse, une dextérité sans pareille, pour accomplir ce tour de force. Même si les cornes du taureau étaient rognées, le jeu n’en restait pas moins dangereux. Il pouvait entraîner des blessures ou des accidents mortels comme de nos jours, d’ailleurs, les corridas et les jeux de lâchers de vachettes qui se pratiquent dans certaines villes d’Espagne ou du midi de la France. Les jeunes filles et les jeunes hommes, entraînés dès l’enfance, étaient consacrés à ce culte.

    Dans son roman, "Sinouhé l’ Egyptien", Mika Waltari, écrivain Finlandais, entraîne son héros, Sinouhé, dans un voyage qui l’ amène de l’antique Égypte où il vit à la Crête.
    Le jeune homme tombe amoureux d’une prêtresse du taureau, acrobate, qu’il ne pourra, malgré son amour, arracher au culte qui la dévore. Tout en donnant son interprétation personnelle du mythe du minotaure, Mika Waltari, cet érudit philosophe, nous offre de cette civilisation crétoise (et égyptienne aussi) une peinture étonnante et passionnante.
    Un livre très intéressant et plaisant si vous voulez vous mettre dans l’ambiance avant votre voyage en Crête ou dans l’ Égypte ancienne..

    Merci pour votre publication !
    Palla d' oro


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